HiverLa neige et le silence
Les traces racontent la nuit : lièvre variable, renard, parfois lynx. On avance en raquettes, lentement.
Forêts d’altitude, tourbières et brouillard, à deux heures de Lyon.
J’y monte par des routes qui tournent, et la lumière change avant même que je sois arrivé. Le Haut-Jura ne se donne pas au premier regard : il faut attendre que le brouillard se lève, ou qu’il tombe.
C’est un massif de forêts sombres et de clairières gelées, où je marche longtemps sans croiser personne. Les animaux, eux, sont là — je lis leur passage dans la neige bien avant de les voir.
Des épicéas serrés, des tourbières qui gardent l’eau, des combes où l’air froid stagne toute la journée. Le massif culmine à 1 720 mètres, mais c’est son humidité qui fait son climat, pas son altitude.


Les traces racontent la nuit : lièvre variable, renard, parfois lynx. On avance en raquettes, lentement.
Les tourbières débordent, les grands tétras paradent à l’aube. C’est la saison la plus fragile — on s’en approche avec précaution.
Je monte au-dessus de la forêt. Depuis la ligne de crête, par temps clair, on voit le Mont-Blanc.
La brume s’installe le matin et ne repart pas toujours. Le brame résonne dans les combes.
Ce que vous pouvez croiser avec moi. Je reste volontairement prudent : je préfère une surprise à une promesse.

Lynx boréal
Un lynx boréal marche de profil au pied d'une paroi rocheuse moussue, son pelage tacheté nettement visible, en fin de journée.

Loup gris
Un loup gris, museau au sol, longe le pied d'une paroi calcaire tapissée de mousse, en plein jour.

Chamois
Un chamois au pelage sombre se tient de profil sur une paroi rocheuse escarpée.

Cerf élaphe
Un cerf couché dans la végétation dense regarde vers l'objectif, ses bois bien visibles.
Deux arbres font la forêt d’ici, et l’un des deux ne se laisse pas nommer de loin. Ce qui est écrit là reste à confirmer sur le terrain.

Épicéa commun
C’est lui qui donne au massif sa silhouette : des flèches sombres et serrées, une écorce en petites écailles, des cônes qui pendent sous les branches. Il tient les versants froids et les combes où l’air stagne. Sur cette photographie, la brume et la distance…

Hêtre
Les taches claires du versant en automne, entre les résineux. Le hêtre monte jusqu’à la limite de la forêt et c’est lui qui donne au massif sa couleur d’octobre. Sa hêtraie est aussi le meilleur endroit du territoire pour lire le sol : les faînes attirent le…








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Je n’observe pas la faune, je la rencontre — le reste est une affaire de patience.
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Une immersion naturaliste au fil des saisons, sur les crêtes et les alpages, à la recherche du chamois et de l’aigle royal.
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