On m’avait dit que je n’y verrais rien. C’est la phrase qui revient dès qu’on prononce le mot désert : rien, du sable, du vide. J’y suis allé pour vérifier, et j’ai passé cinq jours à corriger cette idée.
Le sable ne couvre qu’une part du Sahara. Le reste est du reg semé de cailloux noirs, de la hamada en plateaux de pierre, et des lits d’oueds qui ne coulent que quelques jours par an. C’est là, le long de l’eau qui reste, que tout se tient : les arbres, les oiseaux, les traces au petit matin.
Le désert ne se traverse pas, il s’attend. On avance peu, on s’assoit beaucoup, et on apprend à regarder une pente pendant vingt minutes avant de comprendre que ce caillou clair est une antilope. C’est un territoire où la patience n’est pas une vertu : c’est la seule méthode.
Ce texte est une trame de travail : le récit de Rémi reste à écrire, et remplacera celui-ci mot pour mot.